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Cafés

Les Cafés Folliet, c’est toute une histoire !

A Chambéry, le 24 juin 1880, Claude et Philomène Folliet décrochent pour la première fois « les lourds volets de bois de leur épicerie » installée en bordure de la place Saint Dominique. Ils y proposent de l’huile en bidon, du vin au tonneau et comme la plupart des épiciers de l’époque, ils grillent du café dans un grilloir en tôle chauffé au charbon de bois.

Ce sont les premières broches de café vendues sous la marque FOLLIET et l’apprentissage du métier de Torréfacteur. Proche du marché, cet emplacement est idéal et le petit magasin prospère. Mais Claude décède en 1890, suite aux fièvres rapportées des années passées à la Réunion durant son service militaire. Philomène, chargée d’élever ses trois enfants, continue seule à la tête du commerce. Son fils aîné, Antoine monte faire son apprentissage chez Félix Potin à Paris durant 3 ans. Il revient avec de nombreuses idées novatrices auxquelles sa mère donne écho. Ils s’endettent et achètent un magasin à l’angle de la rue de Maistre (emplacement de l’actuelle Brasserie Folliet). A l’écoute du progrès, ils investissent dans un torréfacteur électrique, grande nouveauté au début du XXième siècle. Ambitieux, Antoine crée les « Grands Magasins d’Alimentation Folliet » avec deux établissements supplémentaires, à Aix les Bains et à Pontcharra. Ces établissements sont approvisionnés grâce à des commis, qui livrent la marchandise par le train et couvrent en plus une zone allant des Echelles à Modane. En 1910, Antoine Folliet décède, laissant Philomène seule, à la tête des 3 épiceries. Elle est rejointe à la fin de la Guerre par François, son plus jeune fils. François Folliet prend, en 1924, la décision de se lancer dans un nouveau métier : Folliet devient une entreprise de torréfaction de café à part entière. Il modernise ainsi les outils de production et accroît la capacité de production. Un bureau de commerce est ouvert sur la place du marché pour recevoir les clients et prendre leurs commandes. Ils sont ensuite livrés soit par le train soit par le car. L’année 1944 est particulièrement noire : Philomène décède, le centre de Chambéry est bombardé, détruisant les locaux occupés successivement par la famille Folliet. Durant la Deuxième Guerre Mondiale, l’administration limite le nombre de brûleries pour économiser du combustible et le café est rationné. Le rationnement a eu pour effet de voir disparaître les petits torréfacteurs épiciers. Au début des années 50, l’entreprise familiale connaît un nouveau souffle avec l’arrivée des fils de François dans l’entreprise, d’abord Jean Folliet, diplômé d’HEC, suivi par son frère Georges. C’est le début d’une politique commerciale plus active et aussi le début d’un climat de concurrence. Les clients se déplaçant moins, Jean Folliet crée les premières tournées pour garder le contact avec le client et développer les ventes. Il achète ainsi le premier camion, un Renault mille kilos de quatorze chevaux.

En 1954, le premier vendeur - livreur est embauché pour agrandir la zone de distribution en Savoie et dans le petit Bugey.

A la fin des années cinquante, le marché se diversifie, c’est l’apparition du café moulu et des machines à café de conception italienne, qui exigent une régularité et une finesse de mouture sans exception.

L’outil de production se modernise et s’agrandit. En 1961, Jean et Georges Folliet installent leur usine de torréfaction à la Cassine. L’essor touristique de la Savoie, avec l’ouverture des stations de ski et les grands chantiers d’aménagement du territoire, amène du monde et favorise un boom important de l’hôtellerie.

Saisissant ce marché, Folliet investit dans de nouveaux camions et embauche d’autres vendeurs - livreurs. Il développe parallèlement la vente d’autres produits que le café : d’abord le thé en sachet, ensuite le chocolat en poudre de plus en plus demandé en hôtellerie de montagne, puis le sucre enveloppé. A cette époque, Folliet fabrique du café à marque pour différents grossistes. Pour se dégager de la dépendance du marché saisonnier des stations, Folliet se lance dans une politique de rachats d’entreprises d’abord dans la région puis dans toute la France.

En 1975, l’entreprise rachète les Cafés Bernard à Grenoble et en 1979 les Cafés Boca à Roanne, permettant à Folliet de doubler son chiffre d’affaires. Au début des années 80, la quatrième génération intègre l’entreprise, les fils de Jean : Bernard et Jean-Marc Folliet (trop tôt disparu dans un accident de montagne), et les fils de Georges: Dominique et François Folliet. Entre 1975 et 2002, Folliet rachète près de 27 entreprises. Dès les années 80, Folliet choisit d’investir dans des entreprises d’entretien en matériel machines à café, permettant d’offrir à ses clients un service supplémentaire. Aujourd’hui, avec un site de production moderne à Chambéry, plus de soixante vendeurs - livreurs, une flotte de plus de 100 véhicules, plus de 15 000 clients sur toute la France, Folliet fait partie des premiers intervenants sur le marché du café en restauration hors domicile.

Folliet se définit comme un spécialiste de l’extraction du café. Il ne fournit pas un simple paquet de café à ses clients hôteliers, mais l’assurance de servir une tasse de café de qualité à leur client. Il maîtrise en effet l’extraction du café, via la machine à café. Il est le seul torréfacteur, au niveau national, à posséder une force de frappe de 35 techniciens, réglant et réparant les machines à café, qui feront un délicieux expresso. Folliet fournit également tous les produits pour le petit-déjeuner.

Une philosophie se dégage de ce passé : D’abord, la fidélité, l’engagement et l’esprit maison de la plupart des acteurs. Ensuite, l’esprit d’opportunité des dirigeants, en changeant d’activité ou de types de clientèles selon les circonstances ou en développant dans les années 80 une activité technique. Le tout avec des capitaux majoritairement familiaux et des dividendes toujours réinvestis dans le développement de l’entreprise.